Ce matin, juste après le premier débat télévisé entre candidats de la primaire socialiste, on entend tous les ministres et membres de l’UMP se moquer des “divisions” des socialistes, de leur goût pour la dépense, du contraste avec le Président qui se fait acclamer en libérateur par le peuple Lybien et qui va bientôt mater par les cornes la crises économique mondiale.
On appelle ça des éléments de langage : dans la majorité présidentielle, ça fait des mois que plus personne n’a le droit de s’adresser aux médias sans avoir été briefé au préalable par la cellule de communication de l’Elysée.
Par contraste, dans les autres partis, on voit bien que chacun dit ce qu’il pense à sa manière.
Je crois profondément que cette stratégie de communication trop réfléchie, trop élaborée, minutieusement calculée pour influencer l’opinion et distiller de manière subliminale dans l’esprit des citoyens les pensées qui mèneront la droite à la victoire, je crois profondément que cette stratégie est vouée à l’échec.
D’abord, parce que les gens ne sont pas dupes.
Ensuite, parce qu’il y a pas mal de signaux qui m’inquiéteraient, là, si j’étais le Président. A commencer par le fait que près de 5 millions de français ont regardé l’intégralité des 3 heures de débat un peu emmerdant entre les candidats socialistes. Et puis aussi le succès (à confirmer dans les urnes mais déjà spectaculaire) de François Hollande, dans son rôle de candidat “normal”, qui dit la vérité, ne va pas chercher des idées à la con, et communique sobrement, presque pauvrement… Tout l’inverse de la stratégie qui, bien que censée réussir à Sarkozy, le maintient pourtant à une côte de popularité guère enviable.
Enfin parce que la science des “spin doctors” n’est pas une science exacte. Entouré des meilleurs, Tony Blair a été un exemple frappant : d’abord, ça a fonctionné, puis il s’est arrêté de vraiment gouverner pour se mettre à communiquer, puis il a été mis à la porte par les électeurs.
Honnêtement, je pense qu’il est en train d’arriver la même chose à notre cher président. Je le pense et je l’espère; pour le bien de la démocratie.