La situation :
- Sarkozy est à la ramasse. Il n’a aucune idée, aucune stratégie, et dans son camp, ils sont de plus en plus nombreux à regretter de l’avoir soutenu. Evidemment, il peut se calmer un peu afin de redresser son image, mais le mal est fait, et il est profond.
- Les syndicats, sentant que Sarkozy est de moins en moins soutenu par l’opinion, vont être tentés de prendre leur revanche et de l’acculer lors de la prochaine réforme importante qui aura le malheur de “remettre en question les acquis sociaux”.
- Les français en difficulté, de plus en plus nombreux (voir le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre, qui fait froid dans le dos), ne vont pas se mobiliser pour le défendre.
- Ceux qui vont bien, qui ont voté Sarkozy et commencent à avoir honte de son comportement (j’en vois de plus en plus), ne lèveront pas le petit doigt non plus.
Bref, il me semble qu’en cas de confrontation avec la rue, Sarkozy n’a plus la légitimité ni les soutiens pour s’imposer. Il me semble que chaque jour qui passe rend plus crédible l’éventualité d’un printemps agité et, dans cette hypothèse, d’une victoire de la “rue” (ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle, mais c’est une autre histoire).
Que se passerait-il en cas de crise ? Démission de Sarkozy et nouvelle élection présidentielle ? Faut pas rêver, la place est trop bonne et le salaire est tout à fait décent. Non, la seule issue est la prise en mains des affaires par Fillon, avec le soutien de la majorité parlementaire, tandis que Sarkozy se cantonne à son rôle de people qui inaugure les chrysanthèmes en s’efforçant de ressembler le plus possible aux exotiques occupants du rocher de Monaco.
En effet, si on y pense, Fillon a effectué un quasi sans-faute, il est monté au créneau lorsqu’il s’agissait de pousser des réformes et est resté très discret lorsque Sarkozy faisait des conneries. Bref : il attend son heure, avec une grande intelligence.
Evidemment, si on n’est pas d’accord avec la politique menée par Fillon, on peut être mécontent, mais il est difficile de prétendre qu’il ne fait pas le boulot pour lequel il a été désigné.
En cas de crise, on aboutirait à une cohabitation entre un président de droite et un premier ministre de droite. Et si le Président voulait changer de premier ministre, il me semble que celui-ci aurait même la possibilité de refuser, en se prévalant du soutien de la majorité parlementaire… Le 18 brumaire de François Fillon (n’est pas Napoléon celui qui croit l’être…)
Après une élection 2007 où le mythe présidentiel a été porté à son paroxysme, on se retrouverait dans le plus parlementaire des cas de figure…Et je trouve ça plutôt réjouissant.
Et si la gauche remporte une victoire écrasante aux municipales, étant donné qu’elle n’est pas en état de marche pour représenter une alternative crédible avant la décennie prochaine, il me semble que ça aurait pour effet de renforcer la probabilité d’une prise du pouvoir par le premier ministre.