A ma droite, le Kosovo : une petite province des Balkans intégrée à la Serbie, où l’économie parallèle (vol de voitures + trafic de drogue) constitue une activité essentielle, et dont une majorité d’habitants, albanophones, souhaite se séparer de la Serbie. Pourquoi pas ?
A ma droite, la Serbie. Un pays dont les frontières ont été largement remaniées et dont une majorité d’habitants estime que tous les territoires environnants font partie de la “Grande Serbie”.
A la tête de ces deux entités, des gouvernements démocratiquement élus, vaguement modérés, mais poussés à la surenchère par des partis nationalistes extrémistes, et par des opinions publiques faciles à mobiliser. Bref : un terrain de crise ouvert à toutes les démagogies.
Déjà, c’est un cocktail explosif.
Ajoutez à cela George Bush qui se prend pour un combattant de la liberté et défend l’indépendance du Kosovo, Poutine qui se prend pour un combattant de la liberté et défend le point de vue contraire, et vous avez deux grosses doses de démagogie supplémentaire.
Ajoutez à cela l’Espagne qui craint que le pays Basque ou la Catalogne déclarent leur indépendance et s’oppose à l’indépendance du Kosovo, la Chine qui pense à Taiwan et se retrouve sur la même ligne, la France qui sans trop savoir pourquoi (enfin, Kouchner, lui, il sait) défend l’indépendance du Kosovo… et tous les pays de la planète, pour autant de mauvaises raisons, qui donnent leur avis dans le plus grand désordre.
Là, ce n’est plus un cocktail explosif, mais quelque chose de beaucoup plus inquiétant.
Je ne suis pas opposé à l’indépendance du Kosovo et je n’ai pas beaucoup de sympathie pour l’Etat Serbe, mais c’est vrai que la proclamation de cette “indépendance” ouvre une boite de Pandore, avec des conséquences prévisibles (ou plutôt, imprévisibles) dans toutes les parties du Monde…
Et je suis certain d’une chose : à tous se mêler de cette histoire, on est en train de prendre le mauvais chemin et de se diriger tout droit vers une catastrophe…