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Human after all

Les fachos du slam

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Ce soir j’étais dans un bar à Belleville avec mon amie Gaëlle. Le bar s’appelle “Culture rapide”.

On entre, on commande à boire. C’est fait pour ça, un bar.

10 minutes plus tard, une scène ouverte de slam s’annonce. On n’aime pas le slam, mais on est tolérants. Ils ont le droit d’exister, on continue à discuter. Pas de problème, la France c’est une démocratie, on peut pas tous kiffer la même came.

Et puis le “spectacle” commence. Le silence se fait. Plus le droit de parler. On se fait engueuler de toutes parts dès qu’on pose son verre un peu fort.

Résultat, on se retrouve obligés :

  • d’une part, de chuchoter, mais ça ne suffit pas : on se fait engueuler entre chaque numéro, genre “écoutez, un peu de respect pour les gens qui s’expriment siouplait, ce sont ces artistes”. Non mais, depuis quand on ne peut plus discuter dans un bar ?
  • d’autre part, d’écouter malgré nous les banalités affligeantes des slammeurs qui se succèdent. Genre “Les Madcos sont wifisés, c’est ça le progrès il paraît” ou “Je suis dans la galère et ça date pas d’hier”, le tout récité d’un air inspiré par un type qui du coup se prend pour un intellectuel, et écouté avec gourmandise par une assistance aux anges qui trouve de la subtilité là où, manifestement, il n’y en a pas. (Enfin, c’est mon avis hein, je ne vous oblige pas à le partager).

L’hostilité grandissant, on a terminé cul sec nos Jack Daniels, et on est partis au Bariolé, un peu plus haut, et là c’était vachement bien.

Résultat, on est repartis de cet endroit avec la ferme intention de ne pas y revenir, et aussi vaguement avec l’impression d’avoir bu un verre au milieu de gens vachement pas cool : t’es pas comme moi, tu dégages. Mais attention, avec le respect, hein ? Respect mon cul, comme dirait l’immense Philippe Katerine.

A dire vrai, le mot que j’avais à l’esprit, c’est “fachos”.

PS : Sur le site de Grand Corps Malade je viens de trouver cette ligne :

Tu peux subir à tout moment, un attentat verbal.

C’est exactement ça qu’on a vécu : un attentat verbal, avec obligation d’écouter ou de partir.

Et pour illustrer tout ce que je déteste dans le slam (mais que vous aimez peut-être), je ne trouve pas mieux que cette strophe du même Grand Corps Malade :

Les mots sont nos alliés, on les aime comme maître Capello
Puis on les laisse s’envoler en musique ou a capella
Et comme des flèches ils tracent, lancés par nos cordes vocales
Puis on les entend résonner comme une bombe dans un bocal

Rimes à deux balles, images bancales, niveau même pas terminale, tout le mal que je pense du slam se trouve dans ces quatre lignes (mais ne pas tout mélanger, que les choses soient claires : Grand Corps Malade, il ne m’oblige pas à me taire. Il fait son truc, je n’aime pas ce qu’il fait, mais je ne l’associe à aucun moment à ces intégristes du slam qu’on a croisés ce soir).

One Comment

  1. Parfaite présentation de ce traumatisme nocturne, c’était exactement ça…

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