On dit bien du mal de ce pauvre Nicolas, et on croirait qu’il fait exprès d’en rajouter… Si bien qu’on en oublierait presque de le remercier pour sa contribution décisive à l’une des meilleures choses qui soient arrivées à notre démocratie depuis très longtemps : la marginalisation du vote protestataire.
En effet, il a tellement bien réussi son opération de récupération des électeurs du FN que celui-ci n’existe pratiquement plus. Et lors des élections de dimanche dernier, on voit que ces électeurs, lorsqu’ils sont déçus et ont l’impression qu’on leur a menti une fois de plus, ne confirment pas leur vote à Sarkozy, mais ne retournent pas non plus vers les promesses démagogiques de la clique à le Pen. Certains analystes soupçonnent même qu’ils seraient revenus à un vote classique d’opposition, en faveur du PS.
Après avoir cru aux promesses non tenues de Chirac, été tentés par celles de le Pen, avoir espéré en Sarkozy, les français découragés finissent pas se rendre compte que, même si le PS n’est pas mirobolant, c’est au moins un parti dont les élus travaillent et auquel on peut faire confiance… ce n’est pas la lune, mais c’est beaucoup mieux que rien.
Apparemment, le même genre de raisonnement s’applique à gauche, puisque le PC continue de décliner, et que l’extrême-gauche réalise des scores très modestes. Les Verts, incapables de s’entendre, et le Modem, totalement incompréhensible, arrivent à faire quelques bons scores, mais ne parviennent pas à incarner un vote de protestation.
Bref, on peut toujours rêver : rêver qu’une boucle est bouclée, et que les promesses démagogiques ne sont plus de saison… Ce qui met encore plus de pression sur les deux grands partis pour s’attaquer enfin aux vrais problèmes. En seront-ils seulement capables ?