Le droit de grève, certes. Le besoin de se faire entendre par des employeurs parfois prompts à vous mépriser, tout à fait d’accord. Il existe pour cela de nombreux moyens.
Mais bloquer sciemment des gens qui n’ont rien demandé et qui voulaient partir en vacances (les stewards et hotesses d’Air France), ou empêcher toute une partie de la population d’aller travailler (les autres, là, le 20 novembre prochain), je ne vois pas en quoi il s’agit d’un usage légitime du droit de grève. Surtout lorsque ce genre d’action coûte des dizaines de millions d’Euros.
Il convient tout de même de se souvenir que, si le droit de grève est un principe constitutionnel, la continuité du service public en est un également.
Et qu’on soit d’accord ou pas avec la réforme des retraites ne change rien à l’affaire : dans une démocratie, ce n’est pas comme ça que les choses devraient se passer. Surtout lorsque les électeurs ont tranché.
En 1995, Juppé a essayé de faire passer une réforme contraire aux engagements du candidat Chirac. En 2007, Fillon propose une réforme qui faisait partie explicitement du programme sur lequel le candidat Sarkozy a été assez confortablement élu.
Bref, cette fois-ci, j’espère sincèrement que la rue ne fera pas la loi, et que la démocratie sortira renforcée de l’épreuve.