Sarkozy a bien compris que pour gagner les élections, il fallait :
Proposer des têtes nouvelles : hier soir à la télé, on avait d’un côté François Hollande et Elizabeth Guigou, et de l’autre, Valérie Pécresse, Rachida Dati et Christine Boutin. D’un côté, deux éléphants (de qualité, mais qu’on a l’impression de voir depuis toujours), de l’autre, trois personnes assez neuves en politique. Gros contraste. Sarkozy est en train d’installer une nouvelle génération de politiques à la tête de la droite, en y mêlant habilement les anciens. Casting parfait
Etre implacable avec ses adversaires : il n’a pas laissé un millimètre d’air à la gauche, et encore moins au Modem. Nomination de ministres centristes et d’ouverture, campagne aggressive, menée par Fillon en personne, le Président de la République lui-même en meeting de campagne, des candidats de poids partout face aux centristes fidèles à Bayrou… Etre assuré de la victoire ne suffisait pas : il fallait écraser les adversaires. Leur opposer tous les obstacles, petits ou grands, élégants ou non.
Se montrer généreux dans la victoire : une fois hégémonique, Sarkozy n’oubliera certainement pas ses promesses : discussions pour l’insertion d’une dose de proportionnelle afin d’aider les petits partis à être un peu représentés, présidence de la commission des Finances pour un député de l’opposition, confirmation de l’ouverture gouvernementale. Une fois écrasés, les ennemis doivent être embrassés, et devenir des alliés objectifs.
Pour moi, ce qui fait la vraie différence entre Sarkozy et tous les autres, c’est qu’il vient de poser les bases d’une stratégie pour dominer la vie politique française pendant bien plus longtemps qu’un quinquennat.