Dans ma rue, viennent chaque jour une dizaine de types. Style hip hop. Ils dealent. Ils boivent de la bière, puis ils pissent contre mon mur. Ils arrivent vers 16 heures, repartent vers 20 heures.
Clairement, il ne faut pas s’amuser à les emmerder. Clairement, j’aimerais mieux qu’ils ne soient pas là. Mais il n’y a aucun moyen de les faire partir. Hier, quand je leur ai demandé de ne pas pisser sur ma vitrine, on a frôlé l’incident, puis on s’est entendus. On va cohabiter, ils iront pisser un peu plus loin.
Presque chaque jour des policiers viennent contrôler leur identité et les fouiller vaguement, puis ils repartent. Que peuvent-ils faire d’autre ?
Déjà deux fois des types en train de se camer dans l’escalier puis dans le local poubelles. Ca ne peut pas vraiment durer.
Dénoncer ? Mais qui dénoncer ? S’il n’y a pas de preuves, il n’y a rien à faire. On ne peut pas embarquer des types sans motif tangible (et c’est une bonne chose).
Et donc ? Attendre qu’il se produise quelque chose de grave ? Une overdose ? Une aggression ? Une bagarre un soir où ils auront trop bu ? En espérant que mes filles ne passent pas là juste au mauvais moment…
Il me semble que le métier de policier, ça devrait consister à savoir déminer ce genre de situation avant qu’il arrive quelque chose, plutôt qu’à courir après les coupables une fois que le drame est survenu. Ca porte même un nom : “gardien de la paix”
Malheureusement, il me semble que ce n’est pas le genre de compétences qu’on est en train de vouloir leur apprendre, aux policiers.
Redonner des moyens à la police de proximité supprimée par le ministre de l’intérieur Sarkozy ? Ca ressemble plus à une piste, selon moi. Pourvu que le Président Nicolas y pense, rapidement… Parceque à mes types, là, dans ma rue, leur lire la lettre de Guy Mocquet, ça ne va pas suffire.
May 28, 2007 at 6:44 pm
J’oubliais de préciser, si cela vous a échappé, que mon récit ne concerne pas une banlieue chaude ni je ne sais quelle zone de non droit : j’habite le 75002, en plein coeur de Paris, à 3 minutes des Halles et de Beaubourg… Des policiers passent dans ma rue plusieurs fois par heure, donc loin de moi l’idée de me plaindre de leur absence, et encore moins de leur inaction.
La question est tout autre : que peuvent-ils faire, concrètement, dans ce genre de cas, qui est loin d’être unique ?
June 1, 2007 at 4:40 pm
La police de proximité était vraiment une bonne solution, créer du lien, échanger, entamer un dialogue, faire de la prévention…Mais ça m’étonnerait beaucoup qu’on la revoit d’ici peu ! Malheureusement…tout comme les éducs de prévention à qui je souhaite bien du courage…
June 1, 2007 at 5:03 pm
Insinuerais-tu que suite à la vague bleue tout ne va pas être rose ?
June 1, 2007 at 8:32 pm
Oh loin de moi de telles insinuations…ceci dit, maintenant que j’y pense, je trouve bizarre (autant qu’étrange) que le ministère de la justice et le préfet s’intéressent de très près à des établissements de l’aide sociale à l’enfance.
Ils s’y intéressent tellement qu’ils sont même prêts à envoyer une belle poignée d’inspecteurs vivre avec des éducateurs pendant une semaine…Le tout afin de chercher la ptite bébête partout…
J’ai comme l’impression que certains cherchent à faire des économies en essayant par exemple de fermer quelques petites associations…
Non mais ça doit être qu’une impression…
June 4, 2007 at 7:24 am
Oui, tu délires. Je suis certain que tu te laisses influencer par des on-dits malsains venus d’on-ne-sait où (mais suivez mon regard).