La conférence organisée par les autorités Iraniennes autour de l’holocauste suscite évidemment des protestations unanimes et justifiées.
Les déclarations d’Ahmadinejad sur la prochaine disparition d’Israel et la présence à Téhéran de tout le gratin négationniste mondial (dont notre sympathique “professeur” Faurisson) participent à une mise en scène fort réussie, entièrement conçue pour nous provoquer.
Tout cela est vrai. On ne peut pas se taire ni rigoler lorsque ces gens-là paradent et plaisantent (car leurs propos ne sont rien d’autre que de tristes plaisanteries) sur ces sujets.
Mais selon moi, il faut peut-être se demander si ce n’est pas nous qui leur avons offert cette tribune.
En votant des lois pour interdire tout propos négationniste, en votant des lois pour réécrire l’histoire de nos “jolies colonies” (de vacances ?), en votant des lois pour rendre officiel le génocide arménien, nous donnons selon moi un poids éxagéré aux divagations de pseudo-historiens et de minorités certes actives, mais certainement pas dangereuses.
La vérité de l’holocauste n’est pas douteuse. Nous possédons, hélas, une abondante documentation sur le sujet, et il n’est pas possible de remettre sérieusement en question ce drame historique. Pourquoi donc ne pas laisser les gens qui souhaitent nier l’évidence divaguer dans leur coin ? Pourquoi en faire des criminels et des victimes et leur donner, ainsi, une importance qu’ils n’ont pas ? Il serait plus efficace de les ignorer, de les ridiculiser, de remettre à leurs place les propos qu’ils tiennent.
Par ailleurs n’oublions pas que les propos d’Ahmadinejab ne représentent certainement pas l’opinion de la majorité des Iraniens. N’oublions pas que l’Iran est l’un des rares pays du monde musulman où une société civile en ébullition évolue à grande vitesse. Et faisons confiance aux iraniens, le jour venu, pour élire d’autres représentants.
N’oublions pas non plus le véritable enjeu : l’animosité réelle des iraniens et des citoyens des pays arabes à l’égard de l’Etat d’Israël. C’est cette animosité qu’Ahmadinejab est en train d’essayer d’attiser avec cette conférence. Cette animosité, selon moi, est largement alimentée par la maladresse et la brutalité absurde dont fait preuve Israël dans son traitement de la question palestinienne, non pas par un antisémitisme fondamental et un refus de croire à la Shoah. Il est d’autant plus important de ne pas tout mélanger.