Saviez-vous que la Mairie de Paris a une mission sacrée ? Connaissez-vous le courage de ces politiciens clairvoyants qui mènent contre vents et marées un combat difficile mais juste ? Savez-vous qu’une menace invisible, insidieuse et extrêmement dangereuse plane sur nos têtes de parisiens insouciants ? Rien de tout ça ? Je m’en vais donc réparer une injustice.
La menace, c’est le commerce… Enfin, certains commerces. Plus précisément, ceux à qui on peut accoler le terme de monoactivité. Exemples : les sex-shops rue Saint Denis, les grossistes de fringues dans le Sentier, les chinois rue Popincourt…
Les méchants commerces menacent l’équilibre de notre belle ville… Dès qu’une boutique se libère, tels des rapaces, les méchants commerces la rachètent et l’occupent, renforçant encore la monoactivité. Et ça, c’est mal. Adieu commerces de proximité, adieu artisans typiques, adieu le fromager qui fait un clin d’oeil à la boulangère, adieu petits quartiers qui ressemblent à des villages, adieu le “bon beurre”…. Oui adieu à tout cela, car la monoactivité menace notre belle tradition française, oui monsieur, oui madame, il faut faire quelque chose.
Comment ? Que dites-vous ? Dans toutes les villes à toutes les époques il y a eu des quartiers spécialisés dans certaines professions ? Que racontez-vous là ? Quoi ? Toutes les rues de Paris ne peuvent pas ressembler à un village ? Qui êtes-vous donc pour penser cela ? Un anti-démocrate ? Un sceptique post-moderne ? Un supporter de Jean Tibéri ?
Soyons sérieux un instant : la monoactivité c’est mal un point c’est tout. Il n’est pas permis d’en douter et il est urgent de consacrer à la lutte contre la monoactivité des ressources importantes dont on n’a pas besoin pour faire d’autres choses, car sinon à Paris tout va bien, et dans les départements limitrophes il ne se passe rien de plus grave. Une priorité, je vous dis, la monoactivité.
Heureusement, la municipalité veille, et elle a trouvé un truc génial pour remédier au grave danger. Un gros truc qui coûte cher, mais bien à la mesure de l’enjeu et de son urgence. Il ne faut pas lésiner quand le modèle français est en danger.
Le truc, c’est la SEMAEST (Société d’Economie Mixte d’aménagement de l’Est de Paris). La mission de la SEMAEST est une mission sacrée : elle a quasiment pleins pouvoirs pour empêcher les mauvais commerces de s’installer comme ils veulent et installer à leur place les bons commerces.
Avec quel argent ? Le votre, bien sûr : la SEMAEST est généreusement dotée par la municipalité de Paris. D’ailleurs, elle est présidée par Georges Sarre, maire socialiste du XIème arrondissement (grosse victime de la monoactivité), co-présidée par d’autres amis politiques du maire… et quelques adversaires aussi, c’est vrai. La SEMAEST possède de jolis locaux, occupe à plein temps 40 collaborateurs, gère des millions d’Euros, et a signé avec la mairie un contrat pour réaliser sa mission jusqu’en 2014…
Ca vous choque un peu que la mairie délègue ses pouvoirs à une société d’économie mixte et laisse des gens qui ne sont ni élus ni fonctionnaires exercer à sa place le droit de préemption et mener à bien la politique d’aménagement de la capitale ? Voyons, vous n’êtes pas un citoyen moderne….
Et vous aimeriez savoir quels résultats obtient la SEMAEST ? Hum. A ce point, ça se gâte un peu, on dirait… Difficile d’avoir une vue d’ensemble en tout cas. Il faut donc se contenter d’exemples; et ça tombe bien, j’en ai un.
Prochaine épisode : qu’elle était belle la boutique de mon nouveau voisin.
February 2, 2007 at 8:34 pm
bonjour
Si vous le permettez, je souhaiterais réagir à votre billet sur la mono activité.
Juste pour dire que – contrairement à ce que vous laisser supposer – l’extension de la mono-activité est bel et bien un problème, pour les habitants et pour les commerçants du quartier, notamment dans le quartier Sedaine Popincourt.
Il ne s’agit pas – heureusement – de stigmatiser une population d’origine étrangère – je le précise car même si l’on peut déplorer le recul de la mixité – ce n’est pas le sujet ICI.
Il s’agit de dire simplement et de défendre une évidence : les commerces de proximité participent du dynamisme économique d’un quartier, ils favorisent le lien social et beaucoup de gens déplorent leur disparition au profit de commerces de gros.
Personnellement, j’abite à l’intersection des boulevards Richard Lenoir et Voltaire et même si je suis sportive (et que marcher ne me fait pas peur), je ne suis pas enchantée quand je me balade le week-end dans un quartier complètement éteint.
Oui, la mono-activité perturbe l’équilibre des quartiers.
Il suffit d’ailleurs de faire le tour du quartier le samedi après-midi ou en fin de journée, entre le boulevard voltaire et l’avenue parmentier, du coté de st Ambroise, pour évaluer les dégats causés par l’implantation massive des commerces de gros.
Les vêtements qu’on y expose sont principalement destinés aux pays de l’Europe de l’Est, pour le label tant recherché de “Made in Paris” sur l’étiquette.
Les vitrines des boutiques se succèdent ; elles sont laides et les magasins sont fermés au public …
La journée, les riverains assistent à la danse des “diables”, à la valse des cartons. Alors que les rouleaux de tissus arrivent par vague, dans des camions immatriculés à l’étranger, les travailleurs se bousculent…
Oui, la mono activité a des conséquences néfastes sur la vie quotidienne des habitants d’un quartier :
>> depuis quelques mois, tout près de chez moi – dans un périmètre assez de 200 mètres de voie – sur le boulevard voltaire – plusieurs commerces ont fermé leurs portes pour laisser place à des grossistes :
- le video club,
- le fleuriste,
- le pressing,
- la parfumerie,
- l’agence de voyages, et je m’arrete là car à cet endroit j’ai vu aussi la disparition d’autres commerces (notamment un autre fleuriste, un autre pressing, un coiffeur, etc… )
>> LIVRAISONS et STATIONNEMENT ANARCHIQUES
… à toutes heures du jour, le soir et aussi le week-end ;
… et par ricochet encombrants sur les trottoirs,
sans parler des EMBOUTEILLAGES et de la nervosité qui gagne celles et ceux qui supportent la situation et qui se souviennent de leur quartier avant ” l’invasion du textile en gros”.
… parmi les nuisances occasionnées, il y a aussi l’insécurité liée au stockage – souvent clandestin – de tissus et le bruit permanent.
Mais surtout, le quartier se vide d’humanité.
Aussi, concernant l’action engagée par la Mairie de Paris à travers la mission confiée à la SEMAEST, je vous invite à consulter le site internet de la mairie du 11ème, qui est assez détaillé et qui expose les résultats – satisfaisants – de la SEMAEST (cf. SEM d’or 2006).
Il ne suffit pas de dire “moi la mono-activité ne me gêne pas” “je trouve ça très bien qu’il y ait des quartiers entiers qui soient réservés à une seule activité et d’ailleurs c’est pas nouveau ” ou de somber dans la démagogie en affirmant que “la semaest dépense l’argent public pour des faux problèmes”…
Allez le dire aux propriétaires des appartements…
Pour mieux comprendre les enjeux et peut-être mesurer la gêne occasionnée pour les habitants, je vous invite à vous rendre lundi 5 février 2007, à 11 heures, à la manifestation (publique) qui est organisée sur le parvis de la mairie du 11ème.
Vous verrez notamment pas mal de petites dames agées qui subissent la situation.
cordialement
emmanuelle
February 3, 2007 at 1:58 pm
Soyons clair : il faut avoir le courage de virer sans ménagement les ateliers clandestins et verbaliser les gens qui se garent mal. Il n’est pas normal que les commerçants perturbent la vie d’un quartier.
Il me semble que lorsque tous les gens qui travaillent dans ces boutiques seront déclarés et payés, les commerces de proximité cesseront de disparaître, car les gens qui travaillent dans les commerces de gros ont aussi besoin de manger, d’aller au café ou à la boulangerie.
Ce que je trouve stupide, c’est la manière d’attaquer le problème : acheter les boutiques pour y placer à fonds perdu des commerçants qui n’y gagneront pas leur vie, et fermer les yeux sur toutes les irrégularités commises, (tout ça probablement parceque ça ferait mauvais effet de s’en prendre à des étrangers).
February 9, 2007 at 10:10 am
Bonjour,
On dit qu’il y aurait des “valises” (selon certains commerçants vivement sollicités – cf. reportage TV) ; on peut se demander d’où vient cet argent et si les verbalisations servent à quelque chose…
Je veux bien croire personnellement que la grande majorité des employés de gros est parfaitement en règle, du moins par rapport au Fisc et à l’immigration.
D’ailleurs, avant d’envisager une action à travers la SEMAEST :
- la ville de Paris avait saisi les services de l’Etat qui procédait déjà à toutes les vérifications ;
- le maire organisait des réunions mensuelles inter-services (réunions des représentants de la Ville, avec les douanes, les impôts, la police, etc).
Certes, le stockage de tissu laisse supposer l’existence d’ateliers clandestins dans l’arrondissement. On en voit par ci par là… Tout se passe très vite et d’ailleurs, on rale un peu (dans sa barbe), on passe, puis on oublie… (il n’y a pas mort d’homme… )
Dans mon secteur, il me semble que c’est “clean” et, la plupart du temps, ces camions sont remplis de cartons. Et, sur les 500 magasins, j’imagine qu’il n’y a pas beaucoup d’ateliers clandestins.
Evidemment,
il faudrait peut-être QUE L’ON SE BOUGE, en signalant précisément et systématiquement les arrivages de rouleaux de tissu, les adresses, etc. Il doit bien y avoir un service qui s’occupe de cela.
—–> … Mais quel modèle de société ! …
Evidemment,
on peut imaginer que L’INSPECTION DU TRAVAIL puisse renforcer ses contrôles, ce qui pourrait peut-être limiter le travail clandestin, et plus encore les livraisons le soir ou le week-end.
—–> Mais encore faudrait-il savoir combien il y a d’inspecteurs pour tout Paris…
Sans faire de mauvais esprit, si c’est comme pour les profs – on peut penser que les commerces de gros seraient avertis par téléphone avant les visites surprises …
Par contre, on ne peut pas dire que les policiers ne contrôlent / verbalisent pas dans ce secteur.
= Il y a souvent deux agents en mob et aussi des agents à pieds, dés 9 heures du matin.
Evidemment,
on peut rêver que la PREFECTURE DE POLICE dégage une brigade qui serait spécialement affectée à cette mission de contrôle, qu’elle soit sur les lieux en continu, dans toute la zone de mono activité, y compris le soir et le week-end.
—–> Mais – comme partout – les effectifs sont précieux et leur déploiement répond toujours à des priorités …
Quand les problèmes résultant du stationnement anarchique existent partout à Paris et pas seulement dans le quartier mono-activité ;
Quand il y a – partout – plein de commerces à contrôler (notamment les bars qui occasionnent des nuisances, ou qui grugent à travers les extensions de terrasses, les commerces qui s’approprient l’espace public en garant les deux roues sur le trottoir , etc)…
Et quand – pendant ce temps là, les gens se tapent dessus, au volant de leur bagnolle, dans le métro, et même chez eux, tandis que d’autres tiennent les murs de l’immeuble…
pas simple de s’occuper des méga bandits …
ENFIN BREF…
Tout cela pour dire que je ne crois pas qu’il soit plus judicieux de s’attaquer au problème de la mono-activité par délation, la police ou l’inspection du travail.
L’outil le plus efficace reste l’outil législatif : il est souvent contournable c’est vrai mais il est aussi toujours perfectible (loi aout 2005).
Avec le PLU – cette loi peut permettre de contrôler les changements de destination des baux et donc d’intercéder en amont.
Voilà un axe qui semble un peu plus concret.
Je “copie-colle” ci-après le texte de la loi évoquée plus haut à toutes fins utiles.
Cordialement
Emmanuelle
* A PROPOS DU TEXTE DE LOI
(le gouvernement n’a toujours pas pris les décrets d’application ; la loi ne s’applique pas)
I. – Le chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l’urbanisme est ainsi rétabli :
« Chapitre IV
« Droit de préemption des communes sur les fonds artisanaux, les fonds de commerce et les baux commerciaux
« Art. L. 214-1. – Le conseil municipal peut, par délibération motivée, délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité, à l’intérieur duquel sont soumises au droit de préemption institué par le présent chapitre les cessions de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux.
« Chaque cession est subordonnée, à peine de nullité, à une déclaration préalable faite par le cédant à la commune. Cette déclaration précise le prix et les conditions de la cession.
« Le droit de préemption est exercé selon les modalités prévues par les articles L. 213-4 à L. 213-7. Le silence de la commune pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. Le cédant peut alors réaliser la vente aux prix et conditions figurant dans sa déclaration.
« L’action en nullité se prescrit par cinq ans à compter de la prise d’effet de la cession.
« Art. L. 214-2. – La commune doit, dans le délai d’un an à compter de la prise d’effet de la cession, rétrocéder le fonds artisanal, le fonds de commerce ou le bail commercial à une entreprise immatriculée au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers, en vue d’une exploitation destinée à préserver la diversité de l’activité commerciale et artisanale dans le périmètre concerné. L’acte de rétrocession prévoit les conditions dans lesquelles il peut être résilié en cas d’inexécution par le cessionnaire du cahier des charges.
« L’acte de rétrocession d’un fonds de commerce est effectué dans le respect des conditions fixées par les dispositions du chapitre Ier du titre IV du livre Ier du code de commerce.
« La rétrocession d’un bail commercial est subordonnée, à peine de nullité, à l’accord préalable du bailleur. Cet accord figure dans l’acte de rétrocession.
« Art. L. 214-3. – Un décret en Conseil d’Etat précise les conditions d’application des dispositions du présent chapitre. »
II. – Le II de l’article L. 145-2 du code de commerce est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Elles ne sont également pas applicables, pendant la période d’un an mentionnée au premier alinéa de l’article L. 214-2 du code de l’urbanisme, aux fonds artisanaux, aux fonds de commerce ou aux baux commerciaux préemptés en application de l’article L. 214-1 du même code. »
III. – L’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales est complété par un 21° ainsi rédigé :
« 21° D’exercer, au nom de la commune et dans les conditions fixées par le conseil municipal, le droit de préemption défini par l’article L. 214-1 du code de l’urbanisme. »
February 9, 2007 at 1:47 pm
Hélas, je connais très bien toutes ces dispositions, puisque pour acheter ma boutique, j’ai eu affaire à la SEMAEST.
Le problème numéro 1, c’est que la SEMAEST est une société d’économie mixte dont les pratiques ne sont pas conformes à ce qu’on pourrait attendre d’un service public : procédures juridiquement contestables, arbitraire apparent dans la sélection des dossiers, contrôle incertain par les élus… Ils ont le monopole de la préemption dans des quartiers entiers de Paris jusqu’en 2012, et ils font ce qu’ils veulent.
A titre d’exemple, ils essayent d’évincer l’un de mes nouveaux voisins avec des motifs absurdes, comme je le raconte dans un autre billet (http://www.fredreillier.com/index.php/2006/08/29/palestro-episode-4-quelle-etait-belle-la-boutique-de-mon-voisin/)
A titre d’exemple également, la convention que j’ai du signer avec la SEMAEST pour les convaincre de ne pas préempter la boutique dont je suis aujourd’hui propriétaire est tellement abusive et contestable sur le plan juridique que mon notaire a refusé de l’enregistrer, et que les deux avocats spécialistes de l’urbanisme à qui je l’ai montrée ont éclaté de rire. Je peux vous en faire parvenir une copie si cela vous intéresse.
Alors : tout à fait d’accord avec la nécessité d’un contrôle des abus dans certains quartiers, mais à condition qu’on puisse contrôler les activités de la SEMAEST (et pas seulement ses comptes une fois par an).
En d’autres termes, d’accord pour que la commune exerce le droit de préemption, pas d’accord pour qu’elle le confie à un organisme dont les critères de traitement des dossiers sont pour le moins difficiles à comprendre.
March 15, 2007 at 7:03 pm
Il faut arreter de dire que les commerces font n’importe quoi.
Les commerçants sont assez controlés et re-controlés : urssaf, inspection du travail, fisc, urbanisme etc etc ….
Vous parlez de vitrines moches, savez-vous que les commerçant paient pour changer de couleur de leurs devantures, pour les enseignes, pour l’eclairage, pour les stores etc etc … alors un peu de retenu svp.
La monoactivité n’est que de la propagande, tout comme l’allusion nauseabonde à la mafia et aux valises …. pour ne pas dire la vrai nature de cette bataille raciale et de territoire : le racisme des habitants.
March 16, 2007 at 3:38 pm
Le racisme ? Mais qu’est-ce qu’il ne faut pas lire comme connerie ! Personne ne se plaint des restaurants chinois, j’applaudirais si les Chinois ouvraient des magasins de fleurs, de fromage, de papier toilette, ou que sais-je encore !!! Mais que voulez-vous que je foute avec du textile de gros partout, dans tous les rez de chaussée, à tous les numéros, dans toutes les rues du quartier ! Et même si on changeait de chemise toutes les heures, ça ne nous servirait à rien, vu que c’est réservé aux achats en gros, et interdit au public ! Bah, moi, désolé, j’achète pas mes culottes par paquets de 1000 !!! Je parle même pas de la pollution de l’air, des klaxons, etc. C’est l’ENFER !!! L’ENFER !!! Tout ça parce que c’est un commerce bien juteux et que c’est le fric qui domine dans cette société ! Voilà la vérité.
March 19, 2007 at 6:49 pm
En même temps, des fois je me pose des questions : quand je veux changer ma vitrine, la mairie de Paris exige du bois, m’impose la couleur, m’interdit d’avoir un muret et m’indique la hauteur précise obligatoire de mes fenêtres, et quand je me promène dans mon quartier, pas une seule vitrine n’obéit à ces nouvelles règles : tous les cadres sont en alu, les couleurs sont bariolées, aucune fenêtre n’est alignée à la voisine, etc, etc…
Des fois, j’ai l’impression qu’on n’est contrôlé que lorsqu’on est assez honnête (mais, du coup, un peu bête ?) pour faire les choses dans les règles.