Archive for August, 2006

Palestro épisode 5 (interlude) : pendant ce temps-là, Monoprix sort ses poubelles

Thursday, August 31st, 2006

Pendant que la Semaest préempte, que les pakis poussent leurs diables et que nous détruisons les murs de notre prochain chez-nous, se déroule chaque jour dans la rue de Palestro un manège que vous devriez tous venir observer, au moins une fois.

Le déroulement est le suivant :

  • 17H45 : la rue se peuple lentement
  • 17H55, à l’arrière du Monoprix, une grille se lève
  • 17H55 et 2 secondes : une énorme poubelle est sortie sur le trottoir
  • 17H55 et 3 secondes : une vingtaine de personnes se jettent dans la poubelle pour y trouver de quoi manger
  • 18H00 : le camion des poubelles arrive, et les éboueurs attendent quelques instants que les clochards aient fini de vider la poubelle de tout ce dont ils ont besoin, avant de l’emporter
  • 18H05 : la rue se vide lentement

Toute ressemblance avec des faits existants est, malheureusement, exacte : en plein centre de Paris des grappes de gens qu’on ne peut pas tous appeler clochards se jettent dans les poubelles du supermarché pour y trouver de quoi manger.

Je trouve déjà gravissime que ça arrive.

Je trouve encore plus grave cette hypothèse que je n’ai pas pu m’empêcher de faire : imaginons un instant que Monoprix prenne l’initiative de ne pas jeter à la poubelle ses produits périmés ou invendables, et décide de les donner directement aux personnes qui s’attroupent chaque jour. Simplement pour leur permettre de prendre leurs yaourts et morceaux de pain sec de manière moins humiliante… Imaginons cela.
Eh bien je ne peux pas m’empêcher de penser qu’à ce moment là, il y aurait probablement une levée de boucliers, et pléthore de bonnes âmes et d’associations qui crieraient au scandale car on donne aux pauvres les rebuts de notre société de consommation, leur refusant ainsi le droit de consommer “comme tout le monde”…

Oui, je sais, mon hypothèse est peut-être fausse… Elle est peut-être fausse, mais je ne crois pas.

Le monde en cases

Tuesday, August 29th, 2006

4blockworld.jpg

J’écris un blog perso qui part dans tous les sens.

Je l’aime bien, mais au fond je ne l’aime pas. Je ne l’aime pas parcequ’il part dans tous les sens, il ne sert pas à grand chose, il ne dit pas grand chose, et il ne fait même pas ce qu’il est censé faire (m’aider à “tirer tout ça au clair”).

Bref, mon blog, au fond, il ne me plaît pas. Peut-être parcequ’il me ressemble. Mais on n’est pas là pour parler de moi, il ne manquerait plus que ça.
A l’inverse, 4block-world, c’est un blog comme je les aime. Un blog unique, original, complètement taré même. Bref, génial.

L’idée ? Elle est d’une simplicité biblique : tous les posts ont la forme d’un tableau à 4 cases comme celui de l’illustration. Lorsque l’auteur (Tom McMahon est son nom) a quelque chose à dire, il doit se creuser la tête pour que ça rentre dans cette forme à la fois étroite et riche.

Je crois profondément que le fond et la forme sont indissociables, et j’admire infiniment ceux qui, comme Tom McMahon sont capables de soumettre avec insistance leurs pensées (même saugrenues) à une forme (même incongrue).

Palestro épisode 4 : Qu’elle était belle la boutique de mon voisin

Tuesday, August 29th, 2006

Une boutique préemptée par la SEMAEST
Mon voisin, au coin de la rue tient une boutique de vêtements de sécurité et d’uniformes. Il y a deux boutiques comme ça dans tout Paris.

Il est locataire depuis près de 20 ans, et son propriétaire, assez âgé, souhaite vendre la boutique.

Mon voisin a donc tout naturellement décidé d’acheter et de poursuivre là son activité. Seulement, comme pour toute transaction, la SEMAEST dispose du droit de préemption.

Lorsqu’ils ont reçu la “déclaration d’intention d’aliéner”, les gens de la SEMAEST sont donc venus dans la boutique, et ils ont tenu un discours très logique : “monsieur, puisque vous êtes dans les lieux et que vous exercez votre activité, nous n’avons aucune raison de préempter“.

Et puis, trois jours avant la signature, coup de théâtre : huissier, lettre recommandée, changement d’avis : finalement, la SEMAEST préempte et souhaite déloger mon voisin, afin de mettre à sa place un commerce de bouche ou de proximité.

Mon voisin a pris un avocat, il va contester la décision et a de bonnes chances de gagner. Pour illustrer le ridicule de la situation, il a tracé un rayon de 5 minutes à pied de sa boutique et établi la liste des commerces de proximité : 1 supermarché, 6 boulangeries, une demi-douzaine de supérettes, des dizaines de restaurants, des pressings, des bars gays, des bars, des bouchers, des fromagers… Bref, tout ce qu’il faut.

Alors, soit mon voisin est un mythomane parfait (il m’a tout de même montré l’hallucinante lettre de la SEMAEST), soit la SEMAEST fait parfois (souvent ?) n’importe quoi et agit en contradiction avec la mission que les élus parisiens ont cru lui confier.

Le texte d’un blog aujourd’hui disparu mais consacré à cette fascinante institution me ferait pencher pour la seconde solution… Il raconte l’histoire d’une boutique dans le quartier Popincourt qui se débat face à l’absurdité des actions de la SEMAEST. Evidemment, je ne vais pas publier le texte de ce Blog, puisque son auteur a jugé bon de le retirer du Web, mais je peux en faire suivre une copie à qui me le demanderait.

Et maintenant ? On attend : l’audience doit avoir lieu en septembre et le suspense est total : la SEMAEST, et à travers elle la mairie de Paris va-t-elle tuer un commerce peu répandu, honnête, utile, établi et stable pour y installer à grand frais un “commerce de proximité” à proximité de nombreux autres commerces du même genre ?

Suite au prochain épisode…

Under Arrest

Monday, August 28th, 2006

Samedi matin, j’ai grillé un feu rouge… C’est con hein ? Je m’en suis aperçu lorsque j’étais déjà en train de passer.

Ce qui est encore plus idiot, c’est que j’ai fait ça juste sous les yeux d’une voiture de police. Comme il y a encore une justice dans notre beau pays, j’ai donc été immédiatement arrêté et le policier a commencé à me dresser l’amende méritée.

Comme il prenait un peu de temps, j’ai sorti mon téléphone pour prévenir mes filles que j’aurai un peu de retard. Et là, j’ai appris un truc : pendant qu’un flic est en train de vérifier vos papiers ou de vous mettre une amende, vous êtes en situation de contrôle, vous n’avez le droit ni de téléphoner, ni de fumer.

J’ai donc dû cesser ma conversation en moins d’une seconde, car le fonctionnaire en uniforme ne rigolait pas du tout. Pas le moment de faire de l’humour, en tout cas.

Amende mise à part (95 Euros, pour les curieux), ça fait plaisir de voir des flics faire quelque chose… En ce moment à Paris il y en a des centaines, des milliers, à tel point qu’on se demande où ils sont le reste du temps, et on ne voit pas très bien ce qu’ils cherchent à faire… Ils roulent dans leurs voitures, ils regardent les passants d’un air méchant, ils déambulent, ils scrutent, mais en aucun cas ils n’embêtent les dealers qui bossent tranquilles au coin de ma rue ou les types qui pissent partout contre le mur… Faut pas pousser, hein.
Merci donc, monsieur l’agent, pour cette amende méritée, pour la leçon de droit mais surtout pour m’avoir (un peu) rassuré sur l’utilité de votre corporation.

No smoking, enfin !

Wednesday, August 23rd, 2006

On apprend dans le Figaro ce matin que le gouvernement compte faire passer l’interdiction de fumer dans les lieux publics à partir du 1 janvier 2007. On n’en sait pas beaucoup plus, mais l’idée de pouvoir passer un moment au restaurant sans subir la fumée de voisins qui laissent leur clope dans le cendrier sans tirer la moindre bouffée (vous avez remarqué, vous aussi ?) me réjouit.

Hier encore, au Spaghetti bar, dans le Marais, on était à côté d’une table de fumeurs-qui-allument-clope-sur-clope-sans-fumer, on a dû changer de place tellement c’était grave.

Dommage qu’il faille en passer par la réglementation, mais je ne vois pas d’autre solution. Quand je pense que j’ai un moment failli travailler pour un fabricant de cigarettes pour l’aider à militer contre ce genre de mesures…

Je ne suis pas une vache à lait. Enfin, j’essaye.

Tuesday, August 22nd, 2006

Je vais bientôt déménager (eh oui, enfin !). Je pensais donc modifier le siège social de ma petite société. En tant que bon citoyen, me disais-je, quoi de plus normal que d’indiquer la bonne adresse aux gens qui chercheraient à me joindre ?

Eh bien j’ai renoncé à ce projet : la modification de l’adresse du siège social suppose une modification des statuts de la société, et coûte 160 Euros et des poussières.

Sans compter l’obligation (qui m’en expliquera un jour l’utilité) de publier la chose dans un journal d’annonces légales.

Bref, plus de 200 Euros rien que pour modifier une adresse sur trois papiers, sans compter les queues, les démarches, l’attente… Ce n’est pas une somme énorme en soi, mais tout de même, si je peux me permettre, largement disproportionnée par rapport à l’objet du délit… J’ai l’impression de vivre dans un pays de fous !

Résultat : mon entreprise va rester domiciliée chez ma maman. Je ne suis pas une vache à lait.

Palestro épisode 3 : la mission sacrée de la SEMAEST

Monday, August 21st, 2006

Saviez-vous que la Mairie de Paris a une mission sacrée ? Connaissez-vous le courage de ces politiciens clairvoyants qui mènent contre vents et marées un combat difficile mais juste ? Savez-vous qu’une menace invisible, insidieuse et extrêmement dangereuse plane sur nos têtes de parisiens insouciants ? Rien de tout ça ? Je m’en vais donc réparer une injustice.
La menace, c’est le commerce… Enfin, certains commerces. Plus précisément, ceux à qui on peut accoler le terme de monoactivité. Exemples : les sex-shops rue Saint Denis, les grossistes de fringues dans le Sentier, les chinois rue Popincourt…

Les méchants commerces menacent l’équilibre de notre belle ville… Dès qu’une boutique se libère, tels des rapaces, les méchants commerces la rachètent et l’occupent, renforçant encore la monoactivité. Et ça, c’est mal. Adieu commerces de proximité, adieu artisans typiques, adieu le fromager qui fait un clin d’oeil à la boulangère, adieu petits quartiers qui ressemblent à des villages, adieu le “bon beurre”…. Oui adieu à tout cela, car la monoactivité menace notre belle tradition française, oui monsieur, oui madame, il faut faire quelque chose.
Comment ? Que dites-vous ? Dans toutes les villes à toutes les époques il y a eu des quartiers spécialisés dans certaines professions ? Que racontez-vous là ? Quoi ? Toutes les rues de Paris ne peuvent pas ressembler à un village ? Qui êtes-vous donc pour penser cela ? Un anti-démocrate ? Un sceptique post-moderne ? Un supporter de Jean Tibéri ?

Soyons sérieux un instant : la monoactivité c’est mal un point c’est tout. Il n’est pas permis d’en douter et il est urgent de consacrer à la lutte contre la monoactivité des ressources importantes dont on n’a pas besoin pour faire d’autres choses, car sinon à Paris tout va bien, et dans les départements limitrophes il ne se passe rien de plus grave. Une priorité, je vous dis, la monoactivité.

Heureusement, la municipalité veille, et elle a trouvé un truc génial pour remédier au grave danger. Un gros truc qui coûte cher, mais bien à la mesure de l’enjeu et de son urgence. Il ne faut pas lésiner quand le modèle français est en danger.
Le truc, c’est la SEMAEST (Société d’Economie Mixte d’aménagement de l’Est de Paris). La mission de la SEMAEST est une mission sacrée : elle a quasiment pleins pouvoirs pour empêcher les mauvais commerces de s’installer comme ils veulent et installer à leur place les bons commerces.

Avec quel argent ? Le votre, bien sûr : la SEMAEST est généreusement dotée par la municipalité de Paris. D’ailleurs, elle est présidée par Georges Sarre, maire socialiste du XIème arrondissement (grosse victime de la monoactivité), co-présidée par d’autres amis politiques du maire… et quelques adversaires aussi, c’est vrai. La SEMAEST possède de jolis locaux, occupe à plein temps 40 collaborateurs, gère des millions d’Euros, et a signé avec la mairie un contrat pour réaliser sa mission jusqu’en 2014…

Ca vous choque un peu que la mairie délègue ses pouvoirs à une société d’économie mixte et laisse des gens qui ne sont ni élus ni fonctionnaires exercer à sa place le droit de préemption et mener à bien la politique d’aménagement de la capitale ? Voyons, vous n’êtes pas un citoyen moderne….

Et vous aimeriez savoir quels résultats obtient la SEMAEST ? Hum. A ce point, ça se gâte un peu, on dirait… Difficile d’avoir une vue d’ensemble en tout cas. Il faut donc se contenter d’exemples; et ça tombe bien, j’en ai un.

Prochaine épisode : qu’elle était belle la boutique de mon nouveau voisin.

Miroir, gentil miroir… Serai-je le plus beau demain ?

Thursday, August 17th, 2006

Un miroir qui vous surveille… C’est sur Internet Actu (via SmartMobs, le foisonnant blog d’Howard Rheingold où cette info m’avait échappé) que j’ai découvert cet objet.

Le principe ? Ce miroir est connecté à votre frigo, à votre vélo d’appartement et à un tas d’autres objets de votre vie quotidienne, et vous restitue une image déformée selon qu’il prédit un gain ou une perte de poids.

Accenture Technology Labs, les concepteurs de cet objet, l’ont baptisé “persuasive mirror” car sa finalité est d’influencer positivement nos comportements en nous permettant d’anticiper leurs conséquences.

Y’a un nouveau platon !

Tuesday, August 15th, 2006

Sur son blog L’Economie sans Tabou (quoi, vous n’êtes pas encore lecteurs ???), Bernard Salanié nous livre une perle : un mail d’Amazon lui annonçant la sortie d’un nouvel ouvrage de Platon.

Le titre ? La République… Ca doit être un ouvrage d’actualité.

Le meilleur service qu’on puisse rendre à Israël

Tuesday, August 8th, 2006

Le meilleur service qu’on puisse rendre à Israël, c’est de les aider à réaliser qu’ils sont en plein délire et qu’ils vont à la catastrophe.

Le point culminant de leur délire, c’est leur conception de la paix. En effet, en écoutant les déclarations des dirigeants israéliens, on peut se faire une idée de la conception qu’ils se font des conditions de la paix. Il ne peut y avoir de paix que :

  • A l’issue d’une victoire militaire israélienne indiscutable, c’est une condition psychologique indispensable, car Israel est l’attaqué et ne se sentira en sécurité qu’après une victoire.
  • Lorsque tous les ennemis actuels ou potentiels auront été repoussés assez loin pour ne pas pouvoir nuire à la sécurité d’Israel (au passage, si un jour le Hezbollah parvient à se procurer des missiles de 5000km de portée, faudra-t-il leur trouver un petit coin en mer de Chine ?)

Une fois ces conditions réunies, Israel sera en sécurité, et ses ennemis seront au loin, il sera donc possible de négocier la paix.

Négocier avec les ennemis ? Pas la peine : ils sont dans cette hypothèse suffisamment loin pour qu’on n’ait pas à s’en préoccuper. Négocier avec les vaincus ? Si on en juge par la popularité de Sharon dans ses dernières actions, ce que les israéliens appellent négociation est plutôt ce que nous appellons mesures unilatérales…
Tout ça pour dire que l’idée d’une paix dans cette région me paraît totalement irréalisable tant que cette mentalité des dirigeants israéliens n’aura pas changé.

Evidemment, il y a d’autres obstacles à une paix au Proche-Orient, et les dirigeants israéliens ne sont pas les seuls responsables du conflit. Il y a le terrorisme, l’islamisme, la pauvreté, la Syrie, etc, etc…

Mais il me semble que le délire israélien d’aujourd’hui est le facteur le plus dangereux. En tout cas, c’est la principale source de la destruction actuelle du Liban.

On se souvient encore un peu en Europe que 1870 a été pour beaucoup dans 1914, et 1918 pour beaucoup dans 1939. Bref, nous savons bien en qu’une paix humiliante n’est pas une paix, mais tout au plus une guerre qui aura lieu un peu plus tard.

Il est temps de le rappeler à nos amis israéliens, et le meilleur service qu’on pourrait leur rendre serait de les aider à réaliser qu’ils sont en plein délire.

Et accessoirement, ne pas écarter l’idée de rappeler à Olmert qu’il est auteur de crimes de guerre, et qu’il n’y a aucune raison de ne pas le traduire en justice pour ça.

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