Cet après-midi, installé à la terrasse du café principal de mon village natal, j’ai eu le plaisir de retrouver deux amis perdus de vue depuis plusieurs années. Nous étions à l’école ensemble, l’un est devenu postier, l’autre a pris la suite de son père dans une entreprise de transports.
De quoi avons nous parlé ? De vieux souvenirs ? Non : au bout de 10 minutes, après nous être instruits de nos divorces, déménagements ou changements de projets vieux de 3 ou 4 ans (perdus de vue, je disais…), on en est venus au sujet principal : le référendum européen et l’état délabré de la politique française depuis ce sinistre scrutin.
L’un est de gauche, ou plutôt abstentionniste découragé. L’autre est de droite. Nous n’avions jamais parlé de politique ensemble auparavant. Je n’aurais jamais pensé que ce sujet viendrait un jour sur la table entre Joël, Jean-Pierre et moi. Je n’aurais jamais pensé prendre ce café avec eux.
Mais tout de même, je me dis que si on a passé plus d’une heure à ne parler que de “ça” (et pas une seconde des bleus !), cela signifie peut-être bien que la situation commence vraiment à préoccuper tout le monde… Je trouve ça rassurant, au fond.