Dissolution
Wednesday, March 29th, 2006Vous vous souvenez, en 1995 ? Villepin avait judicieusement conseillé à Chirac de dissoudre l’Assemblée Nationale. Brillante idée qui n’avait pas eu les effets escomptés.
Aujourd’hui, le pauvre Jacquot se retrouve dans la même situation : pour que la crise passe, il faut dissoudre.
Mais quoi dissoudre ? Les Etudiants ? Ils ne vont pas se laisser faire. Les syndicats ? Ils sont en pleine forme. L’Assemblée Nationale ? Ce serait une bonne idée mais je ne vois pas Chirac prendre le risque de marquer sa fin de mandat par une retraite du style Bérézina.
Alors ? Eh bien c’est simple : il faut dissoudre le CPE. Honnêtement, c’est une loi tellement anodine que ça ne devrait pas poser de problème (voir à ce sujet l’intéréssante analyse du site Juritravail, qui compare le CPE avec le CDI et le CDD et suggère que la nouveauté n’est pas si importante qu’on le dit, voire même qu’elle est assez négligeable).
En fait si, ça pose un problème : Villepin a tellement mal estimé le rapport de forces, et il s’est tellement accroché, que pour dissoudre le CPE, il faut également dissoudre Villepin. Et ça, pour une raison mystérieuse, notre président ne peut pas s’y résoudre.
Je propose une solution : la dissolution du Président Chirac.
“Sécurité juridique et complexité du droit”. Avec ce titre, qui est celui de son dernier rapport, le Conseil d’Etat dit tout : le droit français est devenu tellement complexe qu’il devient difficile à cerner, difficile à interpréter, et qu’il introduit une réelle insécurité dans la vie des citoyens. Principal accusé (mais pas le seul) : le code du travail et ses 2000 pages de réglementations connues des seuls spécialistes (auxquelles pourraient s’ajouter bientôt les articles relatifs au CPE, qui ne va rien simplifier).
J’inaugure une nouvelle rubrique sur ce blog. Chaque semaine, je prendrai un livre selon l’humeur dans ma bibliothèque et je me souviendrai de son histoire. Si vous avez l’impression que ce blog n’intéresse que moi, vous n’avez probablement pas tort.. Pour inaugurer la série, un incontournable : le Banquet, de Platon chez Garnier Flammarion.